L’Iran à court d’eau

Mise en notes du documentaire d’Arte : « L’Iran a court d’eau ».

Le reportage se déroule au centre de l’Iran, dans la région d’Ispahan, une ville située sur le Zayandeh rud qui prend sa source dans les Monts Zagros (4500 m d’altitude).

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C’est une région aride car située derrière une chaîne montagneuse qui arrête les nuages. La vidéo s’ouvre sur des paysages désertiques, puis nous apprenons (1’50) qu’on y cultivait du blé, de l’orge et un coton d’excellente qualité.

  • 2′ : depuis 35 ans, l’eau ne cesse de baisser, cultures abandonnées en 1988. Terres fertiles devenues inexploitables.
  • 3′ : ce n’est pas une crise, mais une banqueroute. Des villages sont abandonnés faute d’eau, des barrages n’ont plus rien à retenir.
  • 3’50 : plus que le pétrole, l’eau devient une ressource rare et convoitée. Tensions à l’intérieur-même du pays comme avec les pays voisins.
  • 5’20 : eau puisée à 370 m de profondeur.
  • 6′ : chute de 70% de la production agricole.
  • 6’40 : pluviométrie :100 à 150 mm d’eau par an.
  • 7′ : aridité naturelle exacerbée par le changement climatique (+1,8 °C et baisse des précipitations de 20% les 30 dernières années).
  • 8′ : la rivière sous « le pont au 33 arches » est à sec.
  • 11′ : pour satisfaire tous les besoins, il faudrait 2 milliards de m3 par an, la rivière en apporte à peine la moitié.
  • 11’30 : un document datant de 1521 explique comment l’eau était autrefois partagée. Reste d’actualité en tant que « base légale ».
  • 12’50 : augmentation de la population => augmentation des besoins en eau potable.
  • 13’30 : Ispahan : 5 millions d’habitants avec la banlieue, c’est la 3ième ville d’Iran.
  • 13’40 : 70% des Iraniens sont urbains. Comme les autres villes iraniennes, Ispahan est loin de la mer et très dépendante des rares sources d’eau.
  • 14’10 : la population a doublé depuis la révolution islamique : 36 millions en 1977, 80 aujourd’hui.
  • 14’30 : augmentation des besoins due aussi à l’agriculture, l’industrie,…
  • 14’50 : les Iraniens consomment beaucoup d’eau pour leur usage domestique : 300 à 320 litres par jour pour un « Iranien moyen » => pédagogie à la télévision pour économiser.
  • 15’30 : mais la consommation domestique ne représente que 8% du total national, lequel se monte à 100 milliards de m3 par an.
  • 16′ : l’Iran est entré dans un cercle vicieux, l’urbanisation ne peut pas être enrayée, d’autant plus que la sécheresse provoque un « exode rural ».
  • 16’30 : c’est l’agriculture qui consomme le plus d’eau.
  • 17′ : à 30 km en amont d’Ispahan, pompage pour irriguer une rizière.

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  • 17’20 : à cause de son isolation diplomatique, le gouvernement a fait de la souveraineté alimentaire une priorité politique => le modèle occidental initialisé par le Shah a été poursuivi => irrigation « massive »
  • 17’40 : dans les canaux à ciel ouvert, un tiers de l’eau s’évapore. (NdC : on est dans un pays chaud, pas en France…)
  • 17’50 : l’Iran exporte vers les pays du golfe des concombres et des pastèques : produits qui exigent beaucoup d’eau.
  • 18′ : l’Iran cultive certains produits qui ont finalement moins de valeur que l’eau qui a été nécessaire pour les produire. Et si on compte tout, ça en devient « franchement risible ».
  • 18’45 : agriculteurs non responsables : ils sont soumis aux choix politiques. Gestion libérale de l’eau : pas de restrictions.
  • 19′ : 10 millions de personnes travaillent dans le secteur agricole.
  • 19’40 : les agriculteurs sont les premières victimes de la surexploitation de l’eau.
  • 19’50 : la gestion de l’eau est partagée entre deux ministères : celui de l’énergie pour la distribuer dans les villes, (à cause des barrages), et celui de l’agriculture pour les agriculteurs. Ils ont des politiques contradictoires et ne s’entendent pas. Le ministère de l’énergie n’a pas de politique de l’eau, il suit les avis de consultants intéressés qui sont en province. Ils pensent à de nouveaux barrages, et à des transferts d’eau d’une région à l’autre. (NdC : solutions technocratiques)
  • 21′ : ils ne cherchent pas à réduire la consommation.
  • 21’30 : il faudrait avoir plus peur de la « sécheresse politique », due à une mauvaise gestion, que de la sécheresse naturelle.
  • 21’50 : les lobbyistes d’Ispahan ont obtenu une usine sidérurgique initialement prévue pour être au bord du golfe Persique, argument des emplois.
  • 22′ : l’usine sidérurgique a besoin de 1000 m3 d’eau « par heure ».
  • 22’30 : au lieu de tenir compte des « réalités naturelles » du pays, « on a voulu faire la guerre à ces réalités » : préférence accordée à l’ingénierie.
  • 23′ : usages de l’ingénierie : purification, barrages, prélèvements, transferts sur des centaines de kilomètres.

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  • 24′ : à Yazd, (ville voisine), les anciens avaient inventé les « premiers climatiseurs ». (NdC : mal expliqué)
  • 24’30 : les « canats » (?) : aqueducs souterrains vieux de plusieurs siècles et, bien sûr, creusés à la main. Certains ont plus de 2000 ans. Captée dans les nappes phréatiques des montagnes, l’eau coule par gravité.
  • 25’45 : régulation naturelle et drastique des « canats »: quand le niveau d’eau est insuffisant au départ, ils ne coulent plus, il faut attendre que le niveau remonte.
  • 26’30 : comment les anciens avaient-ils réussi à creuser les « canats » ? C’est l’une des merveilles du monde.
  • 27′ : un « canat », c’est aussi un mode de gestion partagée par ses utilisateurs copropriétaires. Les quantités d’eau sont établies en fonction du temps (d’écoulement), donc, à peu de chose près, indépendamment des fluctuations à long terme du débit.
  • 28’30 : mais les agriculteurs sont obligés d’utiliser aussi l’eau des puits.
  • 28’40 : les « canats » se dégradent, aucun soutien officiel pour leur entretien.
  • 29’20 : 37.000 « canats » en activité dans le pays qui fournissent 10% des besoins.
  • 30’20 : le détournement d’eau vers Yazd a favorisé le développement de la ville => besoins croissants en eau => manque d’eau => projet d’aller en chercher à 500 km.
  • 30’50 : les transferts donne l’impression d’abondance d’un côté et crée un manque de l’autre.
  • 32′ : pour pomper une heure d’eau, les agriculteurs paient 1,20 euro, « c’est pas cher ».
  • 32’45 : il y aurait « dans tout le pays », 700.000 pompages dont la moitié seraient illégaux.
  • 33′ : barrage construit en 1972, contenance de 1500 millions de m3 : fut indispensable au développement d’Ispahan.
  • 34′ : les barrages, responsables de la disparition des lacs et des rivières.
  • 34’30 : après la révolution, l’Iran a continué la politique commencée par le Shah. « La liberté d’accès à l’eau est en effet le symbole-même de la réussite de la réforme agraire. » Dans un film de propagande, les anciens et traditionnels propriétaires de l’eau sont accusés de se la répartir « selon leur bon plaisir » !!!
  • 35′ : 650 barrages dans le pays, parfois 4 ou 5 sur la même rivière. 40% sont vides.
  • 35’15 : les barrages favorisent l’évaporation. (NdC : rappel : on est dans un pays à fort ensoleillement)
  • 35’30 : les Iraniens d’il y a 2000 ans, savaient déjà construire des barrages, mais, ayant compris l’évaporation (qui peut atteindre 3 à 4 mètres par an), ils s’en abstenaient.
  • 36′ : en Iran, le but principal d’un barrage n’est ni l’eau ni l’électricité, « c’est le pain » : les pots de vin. L’argent est l’incitateur.
  • 37′ : mais les barrages résultent aussi d’une politique de développement économique, « politique des grands travaux » et « solutions d’ingénieurs ».
  • 38’20 : l’ère des barrages est en train de s’achever, on rentre dans celle des tuyaux.
  • 39′ : aqueduc souterrain, (tunnel), de 5 km pour transférer de l’eau vers Ispahan et Yazd, à travers la ligne de partage des eaux.

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  • 40’30 : 1 milliards de m3 par an sont transférés => dégâts écologiques, économiques et sociaux pour ceux qui voient l’eau partir vers d’autres cieux.
  • 42′ : une région peu développée, mais dont les petits éleveurs/agriculteurs n’avaient jamais manqué d’eau, se met à en manquer => elle va s’appauvrir davantage et alimenter « l’exode rural » vers les villes alimentées en eau => concentration urbaine.
  • 43′ : disputes et conflits, pour les nappes phréatiques comme pour les eaux de surface, à tous les niveaux de structures : villages, villes, provinces.
  • 43’50 : « Si ça continue, dans 20 ans, tout notre pétrole et tout notre gaz, ne servira plus qu’à ça : à pomper l’eau. »
  • 44′ : « Aujourd’hui déjà, nous utilisons plus d’énergie pour faire marcher les pompes et les puits que dans le secteur des transports. »
  • 44’20 : champs de canne à sucre, pollution par les engrais et les pesticides.
  • 44’30 : système hydraulique de Shushtar, classé au patrimoine de l’Unesco et vieux de 2500 ans.
  • 45′ : le reportage aborde la problématique internationale.

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  • 46′ : l’or bleu est en train de supplanter l’or noir. Principe en hydropolitique : « Les pays en amont utilisent l’eau pour avoir plus de pouvoir, et les pays en aval utilisent le pouvoir pour avoir plus d’eau. »
  • 46’45 : « La Turquie affirme que l’eau a beaucoup plus de valeur que le pétrole. » La Turquie projette de vendre de l’eau à tous les pays de la région.
  • 47’20 : cette politique, (de la Turquie), est dangereuse : elle s’approprie « ses parts » de ressources en eau de façon analogue aux pays pétroliers avec leur pétrole.
  • L’Irak a aussi de nombreux projets sur l’Euphrate.
  • 48′ : tempêtes de poussière en Iran de plus en plus fréquentes et intenses, et 80% d’entre elles prennent naissance hors de ses frontières : en Irak, au Moyen Orient, en Arabie Saoudite.
  • 48’30 : Arvaz, (?), déjà polluée par l’industrie pétrolière, se trouve de plus en plus noyée dans un « brouillard de sable » : c’est la conséquence de l’assèchement des zones humides sur le Tigre et l’Euphrate qui retenaient les poussières.

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  • 50′ : la zone humide de Hour al Azim, à cheval sur l’Irak et l’Iran, a été restaurée par les Iraniens : mais uniquement sur leur partie, ils ont construit une digue pour que leur eau n’aille pas sur la partie irakienne, qui reste donc (partiellement) asséchée…

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Règle

Image d’entête : « Carte du monde zone climatique »

Plus de publications sur Facebook : On fonce dans le mur

Paris, le 14 mai 2018

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