Ligne éditoriale

Trois sujets pour signaler notre retour dans la blogosphère :

  • Les futurs billets (déjà écrits).
  • Définition de notre « ligne éditoriale ».
  • Définition de « l’effondrement ».

1) Les futurs billets

A côté des billets classiques, vous en découvrirez d’un nouveau genre qui se présentent sous forme de notes en vrac : des réflexions plus ou moins longues qui parfois s’enchaînent sur un même sujet, et conduisent ainsi à le développer, mais qui peuvent aussi passer du coq à l’âne. Pour signaler ce genre particulier, ils auront un titre tagué ripopée.

2) Ligne éditoriale

Suite à cet article qui a mis dans le même sac les « effondristes » et les « collapsologues », nous avons jugé opportun de faire le point sur notre « ligne éditoriale » :

  • Contrairement aux collapsologues, nous n’avons aucune prétention scientifique, et ne pensons pas que « l’effondrement » puisse faire l’objet d’une « science » ou qu’on puisse s’y préparer. (Cf. « L’anthropologie contre la collapsologie »)
  • Nous n’avons aucune leçon à donner, aucune solution, aucun combat, aucun rôle à jouer ni mission à accomplir. Rien à vendre en somme. Chacun pense ce qu’il veut et fait ce qu’il peut.
  • Notre approche est « holistique » et « interprétative » : les faits sont « lus » comme des « signes » qui indiquent l’évolution du « système » où tout est lié. (Cf. le mythe de Remus et Romulus dont les remparts sont déjà là, mais sous forme d’un glaive décidé à les défendre.)
  • Ce blog est clairement aquoiboniste quand on parle de « changer le système » ou de « sauver la planète », et considère qu’il appartient aux individus de choisir entre passivité et résistance. (Cf. « Réveiller Antigone » où l’on rappelle qu’une tragédie est tout sauf un accident.)
  • Critique sur tout ce qui bouge, il ne se cache pas d’être pessimiste et fataliste, (l’action ne sert à rien car tous les chemins mènent à Rome), mais se défend d’être cynique. Il considère que ce sont les « solutions » d’antan qui ont conduit à la situation actuelle, et se scandalise plus souvent du passé que du présent ou de l’avenir.
  • Il rappelle que « l’Humanité » a subi une évolution contrainte et forcée par la répression féroce des révoltes populaires depuis des siècles. Cela pour dire que certains sont plus coupables que d’autres, et ce sont bien sûr les occidentaux : européens et nord-américains au premier chef, les autres n’ont fait que suivre ou subir.
  • Il n’affirme pas pour autant qu’il n’y a « aucune issue », car l’avenir est imprévisible et l’évolution incontrôlable. L’humanité sera encore là en 2100, toute la question est de savoir dans quel état.
  • Mention spéciale pour Vincent Mignerot : nous sommes résolument aux antipodes de sa position ultra-individualiste, ultra-déterministe et anti-collectiviste : selon lui, le capitalisme et l’État ne rentrent pas dans le spectre des causes. Ajoutons que nous ne lui connaissons aucune interprétation correcte des faits.
  • Le mot-clef de ce blog est « le système » productiviste créé par les européens, étendu au monde entier par la colonisation, et imposé par « contagion » à tous les peuples, y compris la Chine communiste. Seul Cuba s’en sort indemne à cause de l’embargo américain et la fin de l’URSS. Pour échapper au système, il faut en être séparé : ce n’est pas donné à tout le monde, car il étend ses tentacules sur tous les territoires.
  • Si nous n’avons que des reproches à formuler à l’endroit des « puissants », nous n’en avons aucun pour les « consommateurs » en vertu du principe que chacun fait comme il peut. On ne peut pas leur demander d’être « responsables » alors que tout a été fait pour les déresponsabiliser : c’est le principe fondamental de « la consommation ». (Cf. « Hippopotamus exemplum » et « Le coup d’éclat d’Eddie Bernays ») Cet état de fait est en train de changer, mais l’exemple suédois (de la honte de prendre l’avion) indique que nous en sommes aux balbutiements.
  • C’est le système qui détermine les individus, non les individus qui déterminent le système.
  • Nous sommes sans pitié pour les « beaux parleurs », les charlatans moralisateurs et autres donneurs de leçons promptes à lancer l’anathème, et qui s’imaginent que leurs paroles peuvent « sauver le monde ». Nous refusons en bloc les formules ronflantes et les slogans simplistes dont le seul mérite est de parer leurs auteurs de toutes les vertus.
  • Nous sommes résolument du côté du peuple, (et même des peuples), à qui « le système » ne demande qu’une chose : subir sans moufter l’ordre établi.
  • A très long terme, « l’effondrement » est une certitude implacable car « le système » épuise les ressources. Les humains devront revenir à l’ère pré-industrielle où ils ne disposaient que des rivières, du vent, de la traction animale et de leurs muscles. Tout devra se faire à la main, à pied ou à cheval. Adieu Internet et la 5G, les ordinateurs, les buildings de 800 mètres de haut, les centrales et les barrages, les voitures électriques, les TGV et les autoroutes : « tout doit disparaître », même si cela doit prendre mille ans. Les villes tomberont en ruines ou finiront sous les eaux, l’on vivra dans des bidonvilles, et l’on sera « riche » quand on disposera d’une hutte de terre, fraîche l’été et chaude l’hiver, avec un puits à proximité.
  • Personne ne pense au « très long terme » sauf votre serviteur qui garde à l’esprit l’exemple des aborigènes d’Australie : ils ont vécu cinquante mille ans à peu près de la même façon. (Eux aussi avaient leurs guerres tribales, eux aussi ont évolué, mais avec une lenteur extrême et sans « innovation disruptive ».) Par rapport à cette temporalité vraiment durable, toutes les « solutions » sont ridicules et prétentieuses.

3) Qu’est-ce que « l’effondrement » ?

Le terme signifie que ce qui existe (encore) est en train de disparaître ou disparaîtra : la biodiversité, la fertilité des sols, la stabilité climatique, le pétrole, etc. En faire la liste ou la chronologie serait très difficile, fastidieux, sans intérêt et de toute façon non crédible. De plus, rien ne peut disparaître totalement et du jour au lendemain comme les Twin Towers, car la nature est résiliente et il reste toujours quelque chose du passé. C’est pourquoi personne ne verra jamais « l’effondrement », l’on ne peut observer que des déclins. Si d’aventure il devait être connu comme un événement ou une période de l’histoire humaine, à l’instar de la colonisation, ce ne sera qu’aux yeux des générations futures s’il reste des historiens pour en parler.

L’on peut parier que la population humaine finira par « s’effondrer » : le taux mondial de mortalité deviendra durablement supérieur à la natalité pour une foule de raisons : catastrophes naturelles de plus en plus intenses et fréquentes, impossibilité de sauver toutes les victimes, manque d’eau potable et de nourriture, conflits armés, populations déplacées, précarisées ou décimées par les maladies. (Et à voir les « camps de concentration » pour réfugiés dans les îles grecques, il est permis de craindre qu’ils ne deviennent de nouveaux camps d’extermination.) La population humaine subira le même sort que l’environnement parce qu’elle vit à ses dépends, et parce que le système ne pourra pas réaliser les profonds changements qui seraient nécessaires pour l’éviter.

Le système et le capitalisme, (n’en déplaise à ce cher Paul Jorion), vont perdurer encore longtemps, mais deviendront toujours moins capables de réaliser le pacte social duquel ils se justifient : apporter le bien être au plus grand nombre. Comme beaucoup le pronostiquent, l’on retournera à un état féodal, c’est-à-dire à des pouvoirs locaux qui régneront sur des populations réduites avec très peu de moyens techniques, bureaucratiques et énergétiques.

Pour finir, voici comment les bisons des grandes plaines nord-américaines ont été traités. Cette photographie d’un tas de crânes de bisons est un signe qui ne trompe pas sur la nature profonde du système.

tas-de-cranes

Paris, 11 janvier 2020

Publié le 1er mars 2020


 

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2 commentaires sur “Ligne éditoriale

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  1. Ouaaahhh !!!
    Quel bonheur de lire enfin quelques nouvelles sur ce blog qui m’a tant manqué…
    Merci et au plaisir de lire quelques billets bien glissés au gré du temps…
    Une année est passée… non non rien n’a changé et pourtant…
    Merci merci !!!
    A+

    Aimé par 1 personne

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