Aurélien Barrau et les anti-masques

Inacceptables au regard des normes médicales, les protestations des anti-masques n’en sont pas moins pleines de sens.


Il n’était pas difficile à Aurélien Barrau de pondre une réfutation sans faille des arguments des « anti-masques » : face à ce savant hors normes, les gens du peuple ne font pas le poids. Un site arrivé en tête de nos recherches a qualifié son argumentaire de « message détonnant ». De tous les arguments déployés, (in extenso en annexe), seul le premier est nul :

« « Masquer » la population ne fait pas les affaires de l’État : rien ne fait plus peur à une société de contrôle que des citoyens non identifiables ! »

Notre « société de contrôle » est encore loin d’identifier les gens à leur visage : les papiers d’identité font très bien l’affaire, et il vaut mieux les avoir toujours sur soi pour éviter d’inutiles et parfois dangereuses complications.1 Celui-là mis à part, les autres sont inattaquables : ils font entendre la voix de la Raison, du bon sens et du civisme, avec le primordial souci « des plus fragiles » qui implique solidarité et responsabilités. Et ils s’ajoutent à d’autres bien connus : la nécessité de freiner les admissions à l’hôpital, et un contexte dominé par deux autres crises, le climat et la biosphère, dont les enjeux sont infiniment plus importants que la gêne d’un masque. Comment peut-on se dresser contre tout ça ? C’est impossible, il faudrait un argument béton, mais s’il existait il serait connu. Pour parachever le tableau, la désobéissance civile ne peut jouer qu’à contre-emploi, de sorte que, pour Aurélien Barrau, cette contestation populaire :

« relève en réalité plutôt de la bouderie presque obscène d’un enfant gâté paranoïaque qui ne veut rien, jamais, sacrifier de son confort. Fut-ce en faisant courir à d’autres un risque vital. »

Yes but,2 que penser d’une Raison si imparable qu’elle referme toutes les écoutilles ? C’est du jamais vu. D’habitude, quand on raisonne en faveur d’une thèse, il est toujours possible de lui opposer une antithèse, car rien dans la réalité ne se présente de façon strictement univoque, des interprétations concurrentes sont toujours possibles.3 Mais dès lors que « des vies sont en jeu », la liberté ne peut plus être invoquée, et celle de critiquer ne l’est pas plus parce que notre monde est ainsi fait. Le « message détonnant » résume en quelque sorte la situation : on est tous sur le pont à lutter contre le coronavirus, la place des contestataires est aux fers à fond de cale. Ils ne méritent pas d’être entendus, ce ne sont que des « enfants gâtés paranoïaques ».

Les anti-masques expriment une plainte

Avec ces termes lourds de mépris publiés sur Facebook, (donc à la face du peuple), Aurélien Barrau s’abaisse au niveau de ceux qu’il fustige. Est-ce le rôle d’un intellectuel de se faire le porte-parole du ministère public ? De colmater les brèches des discours officiels ? De parfaire la logique du système pour « sauver des vies » ? D’en appeler à ce civisme que les élites piétinent sans scrupules depuis des générations ? A en juger par ce tweet, il semble que les « enfants gâtés paranoïaques » répondent non :

Aurélien-Barrau-twitter

Il faudrait ressusciter Sartre, car tout intellectuel plongé dans les tourments de son siècle vous dirait qu’il n’y a pas de plainte qui ne mérite d’être écoutée : ce principe est à la base de la psychanalyse, il fait le quotidien des médecins, (qui échouent parfois à le mettre en pratique, les victimes de la maladie de Lyme en savent quelque chose), et légitime l’intellectuel de gauche dans son rôle de contre-pouvoir. Depuis les émeutes ouvrières du XIXième, dont la plus célèbre est sans conteste la révolte des canuts, le pouvoir a toujours réprimé les plaintes du peuple, et c’est ainsi que « nous en sommes arrivés là », dans ce système hypertrophié qui est en train de détruire la planète. Selon Aurélien Barrau, il faudrait donc continuer sur la même pente répressive, (qui produira les mêmes effets), mais cette fois au nom de la morale qui désamorce toute critique.

Cela n’augure rien de bon, car toute plainte dit une certaine vérité, aussi contestables qu’en soient les termes. En l’occurrence, celles qui montent de partout depuis le confinement devraient nous « alerter », (le mot est à la mode), sur une très forte dégradation de la qualité de vie. L’on veut bien croire que marcher dans la rue avec un masque sur le nez est un comportement moral, mais l’on aura du mal à nous faire admettre que cela n’exige qu’un « infime effort », (ces termes reviennent à trois reprises sous la plume d’Aurélien Barrau). Sans doute est-il plus facilement supportable quand on y est fortement contraint, mais il y aurait quelque chose de fou à l’accepter au seul motif d’une « intelligence collective élémentaire ». Dans notre culture occidentale qui s’enorgueillit d’interdire formellement toute contrainte physique, (et cela va jusqu’à la fessée), se plier à celle du masque exige un réel effort d’habituation, probablement plus moral que physique du reste, car toutes références à une « intelligence collective élémentaire » ont été balayées par deux siècles de capitalisme. S’il en reste bien sûr quelque chose, (la sécurité sociale et une certaine tendance à l’égalitarisme), il faut bien reconnaître que les anciennes solidarités populaires ne sont même plus un souvenir, de sorte que l’« intelligence collective élémentaire » ne trouve rien de solide à quoi s’accrocher. L’on ne sait même plus ce que ces termes recouvrent. La preuve par cet article du Monde qui affirme, en parlant des pays asiatiques : « Aujourd’hui, porter le masque y est considéré comme une marque de savoir-vivre. » En France, on s’étripe sur son efficacité évidemment douteuse, on se gave de morale rationnelle et de débats affligeants, mais l’on ne pense pas à l’essentiel qui est irréfutable : porter le masque montre aux autres que l’on se soucie d’eux, (ou permet de le laisser croire). Il est donc aussi un signe mais, comme aucun expert ne semble l’avoir remarqué, on se prive du meilleur argument pour motiver les foules.4

Pascal-Praud

En se posant en défenseurs de « la liberté », les « anti-masques » protestent contre l’État, contre « le système », et contre cette déresponsabilisation des individus qui « ruisselle » de haut en bas. L’ « enfant gâté paranoïaque qui ne veut rien, jamais, sacrifier de son confort », c’est d’abord le riche, (dont Pascal Praud se fait le porte-voix), celui qui bousille la planète avec sa consommation, attend avec impatience la 5G, « éructe » contre les écologistes, et nous impose de vivre dans une société aux antipodes du modèle socialiste et solidaire de Marinaleda. Ces protestations sont vaines puisqu’on ne peut pas revenir en arrière, mais elles nous rappellent que ce monde n’a pas été construit par et pour le peuple, mais par cette infime minorité qu’on appelle l’élite, et dont Aurélien Barrau est un éminent représentant.

A notre avis, les « anti-masques » ne sont pas tant contre le masque lui-même, – que les plus raisonnables d’entre eux pourraient fort bien accepter si l’on faisait valoir d’autres raisons -, mais contre l’injonction policière de le porter. Il n’y a bien sûr pas d’autre méthode pour imposer rapidement une pratique inhabituelle, mais l’on ne peut pas prétendre qu’elle n’exige qu’un « infime effort » alors qu’elle est détestable à vivre. L’option autoritaire comporte en effet une dimension psychologique importante qu’il est facile de sous-estimer. Pour nous par exemple, l’autorité de « la science » ne pose pas de problème, car nous en avons assimilé les principes depuis notre enfance. De même les médecins, ayant pour vocation de préserver la santé publique, vous diront que l’autorité qu’ils exercent à cette fin est légitime, normale et raisonnable. Idem pour les pouvoirs publics dont la fonction consiste à maintenir l’ordre, et donc à éviter le chaos qui pourrait résulter d’une épidémie non contrôlée. Mais l’autorité s’exerce de façon arbitraire sur les citoyens ordinaires, car ils n’ont pas les mêmes références. C’est pourquoi vous aurez beau les bombarder d’arguments, ils trouveront toujours des contradictions et en souffriront.

L’exercice de l’autorité consistant à trancher des questions, elle conduit nécessairement à sacrifier sans contrepartie les intérêts de certains. Dans le cas des « anti-masques », c’est un peu rapide de prétendre qu’il ne s’agit que de leur confort : il s’agit surtout de leur mode de vie qui repose pour beaucoup sur la convivialité. Cette dimension cruciale de la vie humaine ne peut pas être tenue pour quantité négligeable, et en cas d’épidémie elle est sérieusement mise à mal. C’est pourquoi les protestations des « anti-masques », aussi inacceptables soient-elles au regard des normes médicales, n’en sont pas moins pleines de sens.

Paris, le 22 octobre 2020

1 Le premier argument d’Aurélien Barrau n’est valable que pour la Chine où la reconnaissance faciale dans la rue se généralise.

2 Yes but : clin d’œil à un fan du blog qui vient de nous apprendre que les New-yorkais nous surnomment les Yes-but. Ils nous connaissent bien, les New-yorkais !

3 Un youtubeur affirme avoir « réfuté » point par point l’argumentaire de Barrau, mais son discours vaut ce qu’il vaut : pas très convaincant et parfaitement réfutable à son tour.

4 Toute chose portée sur soi est aussi un signe, (vêtement, sac à main, bijoux, montre, cravate,…) mais il serait plus sage dans certains cas de l’ignorer. On pense bien sûr au croc top, au voile, aux insignes religieux, à la longueur des jupes, au bermuda, etc.


Illustration : Mascarade sur « L’Atelier jeux » – La notice explique : « Manipulez les personnages influents de la ville et cachez-vous derrière un masque pour flouer vos adversaires et vous enrichir à leurs dépens. »

Plus de publications sur Facebook : Onfoncedanslemur


ANNEXE : le texte intégral (ou supposé tel) d’Aurélien Barrau publié sur la page Trente mille jours, l’original n’étant plus accessible sur celle de l’intéressé.

« La désobéissance civile est un geste fort. Il y a peu, des milliers de scientifiques ont appelé à y recourir face à la catastrophe écologique en cours. C’est, à ma connaissance, sans précédent. D’autres causes immenses méritent sans doute que soit envisagée cette forme radicale de résistance. Il y a là matière à penser et à agir. Avec solennité.

Mais comment n’être pas triste de constater que le refus des gestes sanitaires de base – qui ne sont qu’un infime effort d’intelligence collective élémentaire – soit aujourd’hui revendiqué comme une telle résistance ? Il me semble que cette obstination à mettre en danger la vie d’autrui relève en réalité plutôt de la bouderie presque obscène d’un enfant gâté paranoïaque qui ne veut rien, jamais, sacrifier de son confort. Fût-ce au prix de la mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

Et, une dernière fois, pour rappel :

1) « Masquer » la population ne fait pas les affaires de l’État : rien ne fait plus peur à une société de contrôle que des citoyens non identifiables !

2) Nous avons réclamé – à juste titre – ces masques quand ils manquaient. Refuser de les utiliser, en espace clos, quand ils sont disponibles est totalement incohérent.

3) Nombreux sont ceux qui dénoncent les enjeux de pouvoir et d’argent des laboratoires pharmaceutiques. Raison de plus pour endiguer l’épidémie à moindre frais et sans médicament ! Même les plus « conspirationnistes » ne peuvent nier que le port du masque n’enrichira aucune puissance occulte…

4) Que le virus soit plus petit que les mailles du masque ne dit évidemment pas que ces derniers ne servent à rien : les gouttelettes qui portent une bonne partie des agents pathogènes sont arrêtées.

5) Oui, il y a d’autres maladies graves actuellement à l’oeuvre dans le monde. Et alors ? Que la seconde guerre mondiale ait été plus meurtrière que la première signifie-t-il que cette dernière soit anodine ?

6) Oui, nous pouvons – et c’est mon cas ! – avoir de nombreux griefs contre ce gouvernement et sa politique. Et alors ? En quoi cela nous autorise-t-il à mettre en danger la vie des plus fragiles ? Nous « entretuer » fragiliserait-il le pouvoir en place ?

7) J’ai souvent lu ces derniers jours que « bien respirer est essentiel à la santé ». Certes. Bien boire aussi. Pour autant, quand l’eau de la mare est empoisonnée mieux vaut se retenir quelques minutes et aller à une source pure, non ?

8 ) N’y a-t-il pas une forme d’arrogance assez stupéfiante à penser que les experts n’ont rien compris et que des analyses ne reposant sur aucune compétence spécifique sont évidemment celles auxquelles donner crédit ? Comme si tout n’était qu’affaire de sondage, d’opinion et de choix personnel.

9) Refuser d’obéir aveuglément est sans doute une posture intéressante. Il y a tant de lois et de schèmes d’oppression à contester… Pourquoi manifester ce « courage » face à ce qui relève, justement, du soucis élémentaire de la santé d’autrui ? C’est un contresens radical.

10) Il n’y a aucune légitimité à craindre une « nouvelle normalité ». De même que le confinement chez soi a été levé dès que possible (ralentir l’économie ne fait jamais les affaires de l’État), le port du masque (toujours terrifiant pour les forces de police) ne durera évidemment pas. L’émergence d’une société de contrôle assez terrifiante est possible et doit, à mon sens, être combattue. Mais, justement, c’est l’inverse qui a lieu ici !

11) Certains se vantent de n’avoir pas peur. Soit. La disposition psychologique de chacun est parfaitement légitime. Mais n’avoir pas peur des armes à feu n’autorise pas à tirer dans le tas. Tout est là.

12) Il n’y a vraiment rien de révolutionnaire ou de transgressif à nier les vérités médicales dans un geste d’égoïsme assumé qui prend la forme exacerbée de l’individualisme dominant du monde contemporain.

13) Et même si, de façon extrêmement improbable, le masque s’avérait essentiellement inutile, l’infime effort ne méritait-il pas d’être tenté ? Mettre en regard ce dérisoire inconfort (l’occident oublie si souvent les véritables maux de ce temps) face à la possibilité d’une vie sauvée ne clôt-il pas immédiatement le dilemme ?

14) Franchement, face à la souffrance des malades intubés, face aux 600 000 morts – ici et ailleurs -, le refus de l’infime effort dont il est ici question n’a-t-il pas quelque chose d’indécent ? Comme symptôme de l’oublie définitif de tout soucis du bien commun. »


2 commentaires sur “Aurélien Barrau et les anti-masques

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  1. Je penses qu’il y a plusieurs « sous-sujets » dans cette histoire de masque.

    Il y a en effet une partie de la population qui n’est pas sensible à l’argument du « sauvetage de vies », parce qu’il ne s’agit pas juste de sauver des vies, mais de sauver des vies en payant un certain prix. C’est un dilemme moral et éthique. Le même dilemme que celui des soins des personnes en fin de vie, le même dilemme que celui du coût des 3 dernières années de vie. Et le dilemme du sacrifice bien réel de sa « liberté » pour un hypothétique gain en vies abstraites à la fin. Sachant que si la contrainte pour mettre le masque est bien réelle encore une fois, on est fondé à avoir toutes sortes de doutes sur la contre-partie (vus tous les couacs de com des dirigeants, on peut comprendre que le capital confiance soit bien entamé).
    Et même pour ceux qui s’en remettent à la science, il n’y a aucune étude, aucune, qui nous dise combien les masques ont sauvées de vies (et il n’y en aura probablement jamais).

    Mais ce n’est pas tout. Cette histoire de masque est aussi un reflet de notre société actuelle :
    – atomisée. le libéralisme à fait en sorte de détruire tout sentiment d’appartenance. La république est en faillite totale. Elle a bien pris soin de détruire le peuple français méthodiquement (il n’y a plus UN mais DES peuples en France dorénavant).
    – déboussolée : internet, cette machine à amplifier les biais cognitifs, a donné une audience à des grandes gueules marseillaises entre autre qui se sont sur-rajoutées au bruit de fond assourdissant des voix discordantes (de manière générale)
    notre société ne va pas dans le mur, elle EST dans le mur, on y est. La covid EST ce mur, et nous sommes en train d’assister à l’explosion en plein vol de la fusée occidentale. Notre société se désagrège sous le coup de boutoir de la démographie (dénatalité d’un coté, sur-natalité de l’autre, flux migratoires, mélanges des peuples), de la dette, reflet des problèmes énergétiques (même si l’histoire de l’EROEI est bidon du point de vue scientifique, et l’histoire du pic pétrolier mal théorisée, n’en reste pas moins qu’il y a un soucis de rendement marginal ou d’exergie derrière tout ça), et enfin de la sur-information (couplé avec un bon dysgénisme des familles : bref, on atteint nos limites cognitives collectives, on ne sait plus gérer la complexité du monde qu’on a créé).

    Alors, même si la position d’Aurélien Barrau semble inattaquable en apparence, et même si je personnellement je suis plutôt d’accord avec lui, j’estime que son positionnement moraliste est loin d’être le meilleur. Pour être plus précis, je récuse son rapport à la mort. J’estime qu’on doit pouvoir choisir notre mort. Il y a sur le net une mamie de 80 et quelques années qui dit « stop, arrêtez de nous protéger, moi en particulier, je veux vivre mes derniers jours proche des miens à les embrasser, et pas dans la peur ». Elle a raison. Que le gouvernement donne les moyens aux gens d’avoir des masques (des vrais masques parce que le masque en soi s’il n’est pas N95 ou FFP2 il ne sert à rien), du gel, ou de s’isoler pour ceux qui le veulent et qu’il laisse les autres faire comme ils ont envie.
    C’est le rapport à la mort qui s’est « dégradé » et en tant que philosophe, AB devrait avoir un poil plus de recul que « faut sauver un max de vie possibles ». Réflexion sortie tout droit d’un esprit libéral qui ne jure que par la quantité et qui est précisément la raison pour laquelle on se retrouve dans ce merdier de réchauffement climatique.

    Aimé par 1 personne

    1. D’accord avec vous sur toute la ligne, y compris quand vous dites que notre société se désagrège, (parfois je pense faire un billet sur la « guerre de tous contre tous »). Merci pour votre éclairage qui sera lu, j’espère, par les visiteurs qui vous suivront.

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