Motivations

Pour ce qui est du réchauffement climatique, tout le monde en parle, au sens propre du terme, puisqu’une instance mondiale et officielle, le GIEC, est chargée d’en suivre l’évolution et de faire des rapports. Et d’autres instances, comme la COP21 et bien d’autres, sont chargées d’orchestrer l’action des États pour essayer de le contenir dans des limites raisonnables.

Mais l’effondrement annoncé par le rapport Meadows ne bénéficie d’aucune « couverture médiatique ». L’on sait seulement qu’il a provoqué, par réaction, l’émergence du « développement durable », (cette mauvaise traduction de l’anglais « sustainable development »), car, comme expliqué dans cette « Petite histoire du rapport Meadows » : « l’on comprend bien que ces débats annonçaient le « développement durable », car il n’y avait pas d’autre piste face à l’inéluctable mathématiquement promis ». (Pas d’autre solution que d’essayer de « rendre soutenable » ce qui ne l’est pas, car un « retour à la bougie » est évidemment impossible de façon délibérée.)

L’on sait aussi qu’il s’inscrit dans une littérature abondante relative à l’avenir, plutôt catastrophiste, de l’humanité, mais une littérature faite de contributions personnelles, par exemple :

L’on sait enfin que des études scientifiques nous arrivent presque quotidiennement sur les sujets les plus variés, et qui sont autant d’indices « confirmant » implicitement le rapport Meadows.

Chacun a sans doute d’autres exemples, d’autres sites et rapports à citer, (dont l’énorme contribution, en France, de René Dumont), mais tous sont peu ou prou des initiatives individuelles ou indépendantes qui s’égrènent de façon disparate, sans la moindre synergie au contraire du réchauffement climatique qui accapare toutes les… énergies !

En conséquence, seule une petite minorité a conscience de l’énormité de l’effondrement annoncé. Comme l’explique Pablo Servigne dans une vidéo que je recommande, c’est un « Oh my God point ! » : quelque chose qui, lorsqu’on en prend vraiment conscience, (après y avoir consacré un minimum de temps), produit un effet de stupéfaction. Nous sommes en effet habitués à nous représenter l’avenir par rapport au présent, à imaginer que le sort de l’humanité sera meilleur, et voilà que la logique mathématique nous montre que c’est impossible.

Or, d’habitude, l’on se sert de chiffres pour montrer que des solutions sont possibles. Il y a en effet toujours des solutions, mais qui n’en sont que pour certains, car toutes ont leur revers, un prix à payer, ce qui signifie que d’autres en pâtissent. Globalement il y a zéro solution. Quand vous intégrez « tout le monde » dans l’équation, c’est-à-dire tous les humains, toutes les espèces, tous les milieux et tous les temps futurs, alors il y a zéro solution. Ou alors une seule : celle qui adviendra du fait des lois intangibles de la nature.

Alors que depuis des siècles les découvertes scientifiques nous ont habitués à leurs retombées prometteuses, celle du rapport Meadows est la première contre laquelle on ne peut rien, et qui nous promet le pire. En soi c’est déjà une révolution, qui mérite que l’on en parle beaucoup plus.

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