Dix raisons de ne pas croire Meadows

Il me semble que la grosse majorité des gens « ne croient pas » que les pronostics du rapport Meadows soient justes. Essayons d’imaginer pourquoi.

  1. L’optimisme règne en maître, les pessimistes sont vus comme des pestiférés, on ne les écoute jamais. Que faire de celui qui vous dit : « Votre solution ne sert à rien, elle ne fera au mieux que reculer les échéances » ?
  2. L’effondrement apparaît comme lointain, impossible à décrire, et sans le moindre intérêt pour le plus grand nombre. Ceux qui y croient ne peuvent qu’en parler de façon « irréaliste », et cela suffit à leurs détracteurs pour affirmer qu’il n’adviendra pas.
  3. Alors que Meadows a mis en évidence un vrai problème, les incrédules lui opposent le « durable », un concept creux qu’ils n’ont même pas défini. Faute de définition, ils ne voient pas de problème.
  4. Il faut une culture scientifique basique mais bien ancrée pour admettre que tout dépend de l’énergie, et plus particulièrement du pétrole. Mais cette culture, tout le monde ne l’a pas. Aussi imagine-t-on que notre mode de vie a d’autres causes, par exemple la civilisation, l’innovation, la culture, l’organisation socio-politique, la volonté, l’initiative, etc., ce qui laisse accroire que l’on trouvera des solutions.
  5. L’on oublie que les prédictions du rapport Meadows sont de type scientifique, (et se sont du reste vérifiées jusqu’à présent), ce qui est un indice très fort en faveur de leur réalisation. En conséquence de cet « oubli », l’on accorde beaucoup plus crédit aux « solutions », (que rien ne vient jamais démentir, comme le monde est bien fait!), qu’aux conclusions de Meadows que tout semble démentir.
  6. Le Net, (genre Facebook), fourmille de bonnes nouvelles montrant que des solutions sont possibles. Par exemple arrêter de consommer de la viande. Fort bien, mais comment fait-on pour que toute la planète bascule en mode végétarien dans un délai raisonnable ? (Avant que l’effondrement n’advienne.)
  7. L’on sous-estime totalement « le système », son inertie, sa capacité d’adaptation et le fait qu’il est le seul vrai « responsable », ou du moins la cause immédiate de l’ensemble de la situation.
  8. Si quelqu’un avait prédit en 1800 que la population mondiale serait de 7 milliards en l’an 2000, on l’aurait probablement traité de crétin irréaliste. (Alors qu’il ne se serait trompé que de 11 ans.) Notre hantise de la mort nous empêche d’imaginer que ce qui a été possible dans un sens pourrait l’être dans l’autre.
  9. Logiquement, pour prétendre que le modèle de Meadows est faux, (et donc qu’il n’y aura pas d’effondrement), il faudrait produire un contre-modèle prouvant que les 9 milliards d’habitants escomptés pour 2050 pourront se maintenir un certain temps. Mais comme les gens ne sont pas logiques, ils ne voient pas cette lacune, et cela leur permet de croire tout ce qu’ils ont envie de croire.
  10. De manière générale, personne n’essaye de répondre à la question suivante : combien de temps et à quel niveau la population humaine doit-elle se maintenir pour qu’on puisse affirmer qu’elle ne s’effondrera pas ?

 

Paris, le 28 mars 2018

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Illustration : Les solutions (…) n’empêcheront pas l’effondrement

Paris, le 28 mars 2018

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