Que pensez-vous de ce blog ?

Suite aux réclamations de deux plaignants, votre site préféré lance une vaste enquête auprès de ses lecteurs et lectrices…


Deux personnes se sont « plaintes » de mes billets de façons différentes. La première constate qu’ils ont évolué, et que je pose des problématiques qui ne l’intéressent plus vraiment. La seconde me dit que mes billets sont confus, qu’on peine à y trouver l’idée principale et une structure claire.

A la première je dois répondre que je suis médiatiquement cerné de personnes qui publient, sur le même thème « collapso », le même genre de nouvelles : l’environnement ceci et l’environnement cela, le climat par ici et le climat par là. Les faits sont devenus rengaine, (c’est désespérant), de sorte que c’est difficile d’en parler. L’écriture exige une motivation, et celle-ci ne peut pas être de simplement relayer ce que tout le monde raconte. Je suis bien obligé d’ajouter mon grain de sel à partir de questions originales qui peuvent effectivement ne pas intéresser grand monde.

La seconde personne formule sa « plainte » sur un billet dont la structure, une fois n’est pas coutume, me paraissait particulièrement claire et nette ! (Comme quoi tous les goûts sont dans la nature.) A cette personne je dois répondre que la structure des billets est improvisée et suit le fil de mes pensées. Quand j’en attaque un nouveau, j’ai une idée bien précise en tête, (quelque chose qui mérite qu’on en parle), mais je ne sais pas du tout à l’avance ce que je vais en dire. Il n’y a pas de plan, donc pas de « structure claire » si l’on veut. Le contre-exemple de mes billets sont ceux de Bonpote dont le dernier, sur la décroissance, présente une structure on ne peut plus claire. Yes but, pour moi, cet article est assommant à lire, il ne présente rien d’inattendu, et à écrire c’est du boulot, pas de l’écriture-plaisir. Mon plaisir, c’est de découvrir ce que je vais écrire, non d’écrire ce que j’aurais prévu.

Ce qui m’intéresse surtout, dans cette histoire d’effondrement, c’est ce que les autres négligent : la dimension systémique des phénomènes. Les hommes sont d’une prétention incroyable : ils croient qu’on peut agir sur les événements parce qu’ils agissent effectivement sur les événements, (ils les provoquent), mais ils n’ont pas l’air de se rendre compte que les événements leur échappent. C’est ce que je m’efforce de montrer, et ce n’est effectivement pas simple. 

Cela dit, ayant répondu de mon mieux à mes deux « plaignants », je voudrais maintenant savoir ce que vous pensez de ce blog, et pour cela je vous prie de bien vouloir vous exprimer en commentaires. Je ne tiens nullement à dialoguer en permanence avec mes lecteurs et lectrices, c’est trop chronophage et j’en perdrais ma liberté d’esprit, mais je regrette le peu de retours critiques. Ce ne sont pas des compliments que j’attends, (ils font toujours plaisir quand ils arrivent à l’occasion, mais c’est une autre histoire), parce qu’ils peuvent se révéler fort embarrassants quand ils poussent à se tenir dans une certaine voie, et font craindre de ne pas y arriver. En revanche, un retour critique est stimulant, il force à s’interroger, à trouver des réponses et éventuellement à changer.

Donc merci d’avance pour vos commentaires, et merci de ne pas m’en vouloir si d’aventure ils devaient se trouver trop nombreux pour que j’aie le temps de répondre à toutes et tous.

Paris, le 20 janvier 2021

EDIT le 21 janvier : le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne croule pas sous les réponses. Donner son avis est en fait une tâche très difficile : il faut se remémorer quelques souvenirs de lecture pour se faire une idée de l’ensemble, puis trouver quelque chose à en dire. Sauf à être très motivé pour y consacrer du temps, c’est quasiment mission impossible.


Illustration : Allociné : « OVNI(s) sur Canal+ »

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27 commentaires sur “Que pensez-vous de ce blog ?

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  1. Je vous ai suivi de 2017 à 2019, puis j’ai laché pour cause de maladie. Désormais je longe mon mur personnel après l’avoir esquivé. Je reprends maintenant le plaisir de vous lire. Une contiguïté de pensée entre vos post et ma façon de voir qui peut évoluer et qui évoluera certainement. Continuez svp, même si il advient que je ne soit plus en accord.

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  2. Au départ, je suis venu pour le thème « on fonce dans le mur ». Je suis resté pour la qualité des billets.
    Mais depuis un certain temps, j’ai tendance à décrocher.
    Je ne considère plus qu’on fonce dans le mur mais qu’on y est bel et bien.

    Sinon je rejoins Laurent Basnier : à quand l’explication du « et on s’en fou » ?

    J’avoue que ça ça m’intéresse fort parce que après avoir moi même tenu un blog collapso entre 2008 et 2015, croyant participer au « réveil », après avoir été dans une démarche écolo (ET de droite), finalement j’en suis au « à quoi bon » … pourquoi s’emmerder alors que ça ne change strictement rien et que c’est dérisoire (et un peu morbide faut le dire).

    Les derniers billets de controverse avec tel ou tel autre penseur de la collapsosphère ne m’intéressent pas du tout.

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    1. Bonjour yoananda,

      Vous êtes donc « resté pour la qualité des billets » ? Merci pour ce beau compliment ! Voyant que votre intervention est faite de points brefs et précis, je vais essayer d’y répondre de même.

      1) L’un de mes proches se désintéresse aussi de mon blog pour la même raison que vous : on est d’ores et déjà « dans le mur ». J’ai une petite tendance à le penser aussi, mais c’est difficile à montrer alors je m’abstiens.
      2) L’explication du « on s’en fout » est en cours de cogitation, je souhaite en faire un billet mais il n’est pas sûr que j’aie assez de matière pour cela.
      3) Je serais très curieux de découvrir votre blog « collapso » (et pionnier), merci de me donner son adresse, (s’il est toujours en ligne of course).
      4) « les derniers billets de controverse » : je reconnais mes torts. J’aurais dû mieux motiver ma critique, prendre du recul et étudier sérieusement les discours incriminés. Sans cela, on tombe dans la réaction épidermique effectivement sans intérêt.

      A+

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  3. Monsieur Mermin,
    Depuis quelques années, je lis votre blog avec un grand intérêt, car votre haute l’exigence dans la réflexion est précieuse.
    A mon avis, sa richesse et sa possible dispersion tiennent dans son thème ambitieux: la nature. Récemment, je lisais une réflexion de Jean-François Revel à ce sujet : « L’idée de nature est en effet une des plus confuse et, à ce titre, des plus suggestive, des plus significatives dont la philosophie se soit occupée. Elle offre un mélange inextricable de jugements de valeurs, de constatations et d’extrapolations ». (Histoire de la philosophie, Edition Pocket, pages 346-348).
    Quant à la motivation, je crois qu’il s’agit un phénomène fort répandu dans l’univers que nous percevons, à savoir l’acquisition de connaissances, ou se représenter le plus fidèlement possible le réel. Mais ce processus a un coût élevé: supporter l’angoisse de l’inconnu. Il a aussi des bénéfices; mais pas de solution parfaite dans la nature, mais des optima (au sens de V.Pareto).
    Toujours dans le même ouvrages précédemment cité, il est question de G. Bruno et Galilée face à la science de l’époque, qu’on pourrait décrire maintenant comme un paradigme politico-religieux, et l’angoisse que leurs réflexions suscitaient chez leurs contemporains. Il se pourrait bien que l’on soit dans un contexte similaire, la finitude des ressources, les capacités limitées de l’Etat à tous nous satisfaire, bref les limites du système, notre paradigme, provoquant autant d’angoisses. Pour cela, ce blog est aussi courageux, et de nature à nous sentir moins seuls, vous et nous qui vous lisons.
    Les critiques de Vincent Mignerot, me paraissent manquer de quelque chose que je peine à définir. Au sujet de l’impossibilité de protéger l’environnement « … : une idée abstraite et nihiliste qui écrase tout espoir et ne présente aucun intérêt. », je ne suis pas la pour vous réconcilier, mais pour moi, cette réflexion a été stimulante. Bon, j’admets que sa contribution à ma gaîté est assez modeste. Mais je ne retiens pas l’effet produit sur mon humeur comme un critère fiable de véracité (ou de vraisemblance). Ces thèmes sont si complexes, qu’il faudrait pouvoir d’avantage s’expliquer, et Vincent Mignerot me semble au moins avoir le mérite de chercher lui aussi à expliquer, même si c’est maladroit conceptuellement, pourquoi on fonce dans le mur.
    Avec mes cordiales salutation à vous et à tous.
    Alain

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    1. Merci infiniment pour votre commentaire pertinent d’un bout à l’autre, et de surcroît très juste. Vous enrichissez mon point de vue, (ou du moins, vous m’offrez des pistes de réflexion inattendues et intéressantes), avec cette citation de Jean-François Revel, ainsi qu’à faire le rapprochement avec l’époque de la révolution scientifique.

      Et ce que vous dites à propos de mes critiques de Vincent Mignerot, (« paraissent manquer de quelque chose que je peine à définir »), est tout à fait juste : il leur manque une motivation. Maintenant c’est trop tard, mais j’aurais dû faire un billet : « pourquoi critiquer Vincent Mignerot ? », car c’est délicat et ambigu. En un certain sens, il ne le mérite pas, car il cherche à comprendre et expliquer, (tout comme votre serviteur), ce qui est tout à fait méritoire. Mais dire qu’il ne le mérite pas peut aussi s’entendre comme : ce qu’il dit ne vaut pas la peine d’être critiqué, et ça c’est très méprisant. Finalement, critiquer un discours public, c’est reconnaître qu’il relève d’une pensée suffisamment sérieuse et importante pour mériter qu’on en parle.

      Encore merci pour votre intervention, et à bientôt !

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  4. Comme vous semblez, dans ce billet, vouloir dissuader les commentaires élogieux, je pensais m’abstenir, mais à la lecture des premières réactions, je vois que c’est « open bar » alors pourquoi me gênerais-je ? En espérant que ça ne vous pousse pas à vous « tenir dans une certaine voie » 🙂
    Je partage l’ensemble des remarques sur les qualités de ce blog : la richesse de sens, le style, la précision, la sincérité, l’immense plaisir de sentir se réveiller quelques neurones, même à la lecture d’anciens billets… Ayant parfois l’impression d’être englué dans un cadre un peu rigide hérité de ma formation scientifique, votre éclairage enraciné dans des champs plus vastes est une bouffée d’air frais. Je suis aussi d’avis que les billets consacrés à la réfutation de propositions certes un peu fragiles (VM, NC, T. Damour sur un autre sujet, …) sont un peu ennuyeux même si je comprends les raisons qui vous poussent à les écrire.
    Mon regret est que l’exigence nécessaire pour creuser ces thèmes, en terme de temps notamment, demande une motivation que je trouve chez très peu de personnes autour de moi – et c’est peut-être mieux ainsi, qui sait? D’où une question que je me pose : qu’est-ce qui fait naître, dans l’histoire d’un individu, un tel penchant malsain pour le côté vide du verre pourtant réputé à moitié plein ? Pour ma part, je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante, tant la construction et le fonctionnement d’un individu sont complexes… En tout cas, il me semble de plus en plus clair que ce que nous appelons notre conscience n’est qu’une illusion, qu’elle n’est que spectatrice de notre propre vie, et notre « voix intérieure » n’a que très rarement le dernier mot sur l’action à réaliser face aux autres puissants lobbys cognitifs…
    Enfin, je rejoins d’autres commentateurs sur le fait que toute piste sur la façon d’envisager le futur (surtout lorsqu’on y a propulsé des enfants) serait bienvenue, même si c’est un sujet très personnel et casse-gueule…
    Et surtout continuez à écrire sous l’effet de l’émotion (ou pas, je ne veux pousser à rien) !

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    1. Décidemment, les éloges se multipliant, je vais finir par croire que j’ai interpellé mes lecteurs et lectrices dans ce seul but ! Je pouvais pourtant m’attendre à en trouver, mais sous une forme plus conventionnelle, genre : « c’est très bien ce que vous faites, continuez ». En tout cas, grand merci pour vos compliments qui me font sincèrement plaisir, et qui ne me bloqueront pas, promis. 🙂

      Il m’est assez facile de répondre à votre question : « qu’est-ce qui fait naître, dans l’histoire d’un individu, un tel penchant malsain pour le côté vide du verre pourtant réputé à moitié plein ? » Il vient de ma naissance au milieu d’une famille de neuf enfants, avec quatre frères et sœurs plus âgés, et quatre autres plus jeunes. Si aujourd’hui nous nous entendons tous très bien, ce n’était pas le cas autrefois. La vie dans cette famille nombreuse nous a offert des moments formidables, mais d’autres aussi qui étaient infernaux : les bagarres bruyantes et stupides qu’il était impossible d’enrayer. C’est de là qu’est né le besoin, qui ne m’a jamais quitté, de « chercher à comprendre », et qui tient un peu (beaucoup ?) d’une fuite devant ce que la réalité peut avoir d’insupportable.

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      1. Un peu facile, non? Qui n’a pas été confronté à l’absurdité des comportements humains? Combien de vos frères et sœurs ont choisi d’en faire un sujet d’études?

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      2. Un peu facile non, mais un peu court oui. D’après des recruteurs de haut niveau auxquels j’ai été confronté une fois dans ma carrière, le fait de naître en position médiane dans une famille nombreuse conduit à une personnalité de type « observateur », donc plus disposé à « chercher à comprendre » qu’à jouer le « meneur d’hommes », (pour caricaturer). Dans une famille, (nombreuse ou pas), chacun développe une personnalité particulière parce que chacun vit et ressent les événements d’une façon particulière. (Et tout le monde ne subit pas les mêmes.) C’est pourquoi, même si « la famille » est objectivement « la même » pour tous ses membres, elle est très différente dans l’esprit des uns et des autres. Cela explique que nous ne sommes guère que deux à nous poser des tas de questions, l’autre est une sœur qui cherche ses réponses dans la littérature.

        Mais c’est vrai, ces explications sont un peu courtes, il faudrait en dire plus. Malheureusement ce n’est pas possible, de mon point de vue ce serait de l’exhibitionnisme ou de la vantardise. Tout ce que je peux dire, c’est que l’esprit critique est une seconde nature chez moi, c’est ma manière d’être. Je n’en tire bien sûr aucune fierté, je suis comme ça, c’est tout, « doué » pour la critique comme d’autres le sont pour la cuisine.

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      3. Non je ne vous demande certainement pas d’exposer sur le net votre histoire personnelle, mais merci du témoignage ! Il s’agissait d’une question d’ordre général sur le fait que la plupart des gens refusent de discuter sereinement d’une remise en question de nos mythes, alors que d’autres en sont friands. Bien sûr une famille forme un écosystème miniature où chacun trouve sa place et se différencie, mais les déterminismes y sont quand même plus subtiles qu’un lien direct entre la place dans la fratrie et un tempérament (je ne vois aucune régularité de ce type dans les familles que je côtoie, si cette observation partielle a une quelconque valeur). En fait, cette question sans grande importance finalement, me vient d’une époque où il me semblait évident que l' »idée vraie » de la finitude du monde possédait la « force intrinsèque » qui lui permettrait de s’imposer à tous à moindre effort (alors que Spinoza avait justement dit le contraire), un plan bien huilé qui ne devait pas manquer de sauver le monde et l’univers les facilement !

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      4. Passons sur le pourquoi certains se posent des questions : comme vu précédemment, cela relève du tempérament, quelle que soit la façon dont celui-ci se forme. Les « idées vraies » n’ont pas de « force intrinsèque », (Bourdieu), c’est pourquoi elles ne s’imposent pas « à tous à moindre effort ». Quant à la « finitude du monde », ce devrait être une évidence sur le plan matériel, (désormais on se heurte clairement à ses limites), mais sur le plan symbolique, (nos représentations), il faudrait plutôt parler d’infinitude. (Impossible de développer ici, il faudrait un billet.)

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      5. « qu’est-ce qui fait naître, dans l’histoire d’un individu, un tel penchant malsain pour le côté vide du verre pourtant réputé à moitié plein ? »

        Sur ce sujet, l’ami canadien rob. Mielcarski à son idée :
        Le déni de réalité est un trait que l’évolution à favorisé chez l’être humain, via une plus grande prise de risque/agressivité, ce qui à permis notre expansion jusqu’ici.
        Enfin, il reprends une thèse d’un certain Varki et reçoit certaines critiques pas forcément absurdes sur son blog.

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      6. Merci pour la suggestion, le blog de Rob Mielcarski semble très intéressant (du peu que j’ai pu en lire pour l’instant), bien qu’un peu « monomaniaque »… Si le déni est d’origine biologique, cela ferait donc des pessimistes des déficients en quelque sorte (aucune offense, je me retrouve assez bien dans les 2 qualificatifs )!

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  5. Bonjour,

    Je lis votre blog depuis longtemps presque le début je crois. Je le trouve d’une immense pertinence. Il suit la logique que j’ai fait mienne depuis la lecture de Denis Meadow de 2004 en français, ce blog est d’une bien plus grande précision quant à la mécanique infernale de nos actions.
    Il est donc parfaitement désespérant pour qui commence à se rendre compte de l’étendue du problème que nous avons, il est ce que Servigne nomme le « oh my god point ». Le moment ou on réalise le mur qui se présente.

    Je lis avec grand plaisir vos analyses d’une qualité d’horloge suisse. Vous pensez juste et fort et très clairement, didactique même.

    Ayant dit cela, j’attends avec un peu d’impatience le billet fouillé qui expliquera le « Et on s’en fout » que vous avez promis car ce sera alors le tournant décisif de votre blog – excusez la formule prétentieuse, je n’aurai jamais les qualités pour écrire tout ce que vous écrivez.

    mais des choses m’étonnent et malgré tout m’agace parfois

    1°) vos colères répétées et que je trouve de moins en moins intéressantes pour tous ces gens, parfois grands penseurs, grands militant, blogueurs et mr et me tout le monde qui croient encore aux solutions. Oui ils n’ont pas bien réfléchi – mais je fais partie de la même humanité qu’eux et je peux parfaitement comprendre qu’ils ne peuvent pas être convaincus, ce n’est psychologiquement pas possible, pas tenable, car le coup est d’une violence immense et je ne suis même pas sûr de pouvoir supporter les abominations qui nous attendent en termes de comportement humains entre humains.. Je suis ennuyé que vous butiez là dessus et chacun peut être réveillé par un type de message même un peu niais. L’après constat ne pas être de se contenter de tirer sur tous ceux qui n’ont pas encore fait le constat qui plus est d’une manière scientifique précise et argumentée. Je vous ai peut-être mal lu.

    2°) l’étape – quoi faire après le constat n’en finit pas de m’intéresser – non pas pour la solution, il n’y en pas, mais savoir comment vivre ce moment, comment je peux voir mes proches vivre ce moment. Tout d’abord sur un temps court mais aussi au regard d’un temps bien plus vaste, pourquoi tout ce chemin pour finir comme ça, la remise en question immense de la destinée humaine que nous serine toutes les philosophies ou religions, l’exceptionnalisme humain et l’immense mauvaise vision de notre rapport nature/culture. La spiritualité derrière ce constant est fondamental pour tenir pour moi. Nous avons simplement fait ce que tous les animaux font sans contrainte, nous nous développons. Je trouve ça passionnant mais j’arrête là ce bouleversement spirituel profond car j’ai cru comprendre que la spiritualité ne faisait pas parti de votre vie, pour ma part impossible de faire sans et je ne vous attends pas sur ce terrain. Dommage.

    3°) malgré tout il faut vivre, jours après jours. Jancovici dit grosso modo : oui on est foutu, mais 2 degrés c’est mieux que 3 degrés et 3 degrés c’est mieux que 4 degrés etc. il a décidé de faire un constat dur, puis de prendre un axe de travail et s’y tenir – je suis très admiratif un vrai ingénieur polytechnicien mais j’ai une manière de penser malheureusement plus poétique et foutraque qui n’arrive pas entrer dans un tel corset. Je tente de définir pour moi qui ne suis pas polytechnicien ce que je peux bien faire de mes journées pour vivre et ai-je une capacité à protéger mes enfants malgré la catastrophe qui est déjà là, même s’ils ne me le demandent pas.
    J’ai pour ma part modifié totalement ma vie et parti à la campagne – oh, pas pour survivre, ni résister, non car les ordres de grandeur sont tellement immenses – c’est la chose la plus simple et belle que j’ai pu faire, juste me permettre de vivre ces moments de manière la plus pure possible pour mon âme. et du coup j’en profite bien sûr pour avoir un tissu rural, élection mairie, associations, culture locale et apprentissage de la terre, de la conservation etc, mais encore une fois afin d’être correct à mes yeux.

    Bon c’est votre éclairage que j’aimerai recevoir par un beau billet dans votre blog (sans trop frapper fort Svp)

    Merci de vos écrits
    Moi, 59 ans ex D.G d’une entreprise de 1000 salariés ayant tout envoyé balader suite à ses durs constats (euh pas de dépression malgré tout merci) – 2 grands enfants qui savent tout sur l’effondrement définitif mais qui m’ont dit qu’ils n’étaient pas capables à 32 ans de s’arrêter pour regarder le monde s’écrouler – impossible – alors ils baissent la tête et travaillent et tentent de prendre du plaisir, sans pour autant s’en foutre.

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    1. « immense pertinence », « qualité d’horloge suisse » : vous me faites beaucoup d’honneur, c’est plus que des compliments, et bien sûr je vous en remercie vivement.

      Je ne peux pas répondre immédiatement à tous les points, (je m’y efforcerai plus tard), mais je peux répondre au premier qui me semble le plus important : « vos colères répétées et que je trouve de moins en moins intéressantes pour tous ces gens, parfois grands penseurs, grands militant, blogueurs et mr et me tout le monde qui croient encore aux solutions. »

      => C’est souvent une émotion qui me décide à écrire sur un sujet, ce fut encore le cas avec le billet « pourquoi on ne fait rien », mais cette émotion est souvent la colère que suscitent des propos qui me semblent absurdes. Je reconnais que ça peut fort bien être sans intérêt pour le lecteur, j’en tiendrai compte à l’avenir, et je vous remercie sincèrement de m’en avoir parlé.

      Je vous en remercie d’autant plus que vous l’avez fait avec un argument solide et touchant : « Oui ils n’ont pas bien réfléchi – mais je fais partie de la même humanité qu’eux et je peux parfaitement comprendre qu’ils ne peuvent pas être convaincus, ce n’est psychologiquement pas possible, pas tenable (…) » Ce que je comprends, c’est que les gens ont besoin de croire, (pas dans un avenir à la Mad Max bien sûr), et on ne peut pas le leur reprocher.

      Il y a seulement deux personnes avec lesquelles je resterai irréconciliable si elles ne changent pas. C’est Nicolas Casaux parce qu’il est plus idéologue qu’écologiste, et Vincent Mignerot pour ses théories et son idée selon laquelle « il est impossible de protéger l’environnement » : une idée abstraite et nihiliste qui écrase tout espoir et ne présente aucun intérêt. Mais je ne reviendrai plus sur ces personnes. Désir de tourner la page et de passer à autre chose.

      Je vais maintenant réfléchir aux autres points, merci de bien vouloir me laisser un peu de temps, et encore merci pour votre long texte qui va sûrement m’aider à évoluer.

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    2. Suis toujours en train de cogiter les points 2 et 3, merci de patienter, mais je peux vous répondre sur : « j’attends avec un peu d’impatience le billet fouillé qui expliquera le « Et on s’en fout » ». Ce billet viendra, parce que votre demande me motive et que le sujet est plus intéressant qu’il n’y paraît de prime abord. En attendant, vous pouvez faire le lien avec le billet « pourquoi on ne fait rien » selon lequel l’indifférence est à l’origine de tout ça.

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    3. Réflexion faite, impossible de répondre vraiment aux points 2 et 3. Je note simplement que vous m’invitez à faire un peu de philosophie, car vos questions touchent des choses très subtiles. Pour le point 2, « l’après constat », je n’en sais pas plus que vous, on est devant un « Et alors ? » vertigineux puisque la réalité qui se dessine devant nous, (le fameux effondrement), va rendre dérisoire « la destinée humaine que nous serine toutes les philosophies ou religions ». Quant au discours de Janco, qui concerne la collectivité qu’il pousse de toutes ses forces à réduire ses émissions, il n’est pas du tout philosophique mais pragmatique.

      J’ai cependant quelques petites idées qui touchent à la « spiritualité », mais comme j’ai très peur de dire des bêtises, des choses inutiles ou présomptueuses, je m’abstiens de les exposer, et me contente de dire que c’est une affaire de choix personnels. Mais bon, puisque cela vous tient à cœur, je ferai un billet pour présenter ma conception de la « spiritualité ».

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      1. Je vois que vous évoquez la notion de « spiritualité » de manière timide.

        Loin de moi l’idée de pontifier, mais, il se trouve que je suis « à donf » dans la spiritualité depuis de très nombreuses années. Je parle de pratique bien sûr.
        J’aimerais vous encourager à vous exprimer sur le sujet, parce que, je crois moi aussi que c’est une bonne manière d’aborder la question du « et après », du « on s’en fou », du « on fé quoi ? ».
        Tout ce qui a trait à la spiritualité est quelque part vaniteux et personnel. Tant pis. Il faut faire avec. Mais tant qu’on reste sincère, honnête, humble, autant que faire se peu, qu’on ne fais pas dans le prosélytisme, et tant qu’on as un minimum conscience de l’existence de biais cognitifs (oui ça fait beaucoup) on peut dire que « bien s’passer » (selon le même consacré).

        Ce que je veux dire c’est que, je crois que nous sommes plusieurs sur le bord du précipice intellectuel du « le monde s’effondre, so what ? » et que tout idée, même de 3 ligne, peut débloquer des réflexions, prises de consciences et faire avancer le collectif.

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      2. Superbe commentaire ! Je suis mille fois d’accord avec vous bien que je ne pratique aucune spiritualité. Mais j’en ferai au moins un billet, car j’ai ma petite idée sur la question, et parce que ce que vous en dites ici lève les verrous qui m’ont retenu jusqu’à présent. Encore merci et à bientôt !

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  6. Bonjour,
    tombé sur votre blog par hazard aussi (probablement une suggestion facedebouc ?)
    Je suis sensibilisé au problème climat/énergie/thermodynamique depuis le début de ce siècle.
    Votre ligne éditoriale étant tout à fait dans mon état d’esprit, je ne me sent pas hors de ma zone de confort ici… et aime bien vos posts argumentés et critiques .
    Je vous encourage également.

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  7. Votre blog me pousse à réfléchir et voir plus loin
    Je suis un optimiste par nature . Peut-etre suis je en train d’évoluer grâce à vous ?
    Votre écriture est agréable à lire ce qui est primordial pour moi qui n’ait pas votre plume.
    J’ai découvert votre site par hasard il y a 3 mois et j’en suis ravi
    Vos propos critiques sur les idées et non sur les personnes sont une belle découverte.
    Je vous encourage à continuer à délivrer vos écrits selon vos envies .

    Aimé par 1 personne

    1. Oh ! Je ne puis que choyer un lecteur pour lequel l’agrément de la lecture est « primordial ». Vous avez mille fois raison de mettre le « primordial » à ce niveau, car tout ce que l’on peut dire et lire finit emporté par le vent, alors qu’il reste toujours quelque chose d’un moment de plaisir. Merci de reconnaître que je critique plus les idées que les personnes, (sauf exception, j’ai aussi quelques « ennemis »), et merci enfin pour votre encouragement à suivre mes envies.

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