Conférence d’Aurélien Barrau à l’École Polytechnique

Selon Aurélien Barrau, les problèmes sont fondamentalement éthiques. Transcription de l’essentiel de sa conférence.

Lien vers la vidéo.


Je suis très heureux de constater que les étudiantes et étudiants à l’École Polytechnique s’intéressent à la question que nous allons évoquer ce soir. Il est vrai qu’il faudrait être un peu fou pour ne pas s’en préoccuper, puisqu’il s’agit de ce que l’ONU, qui n’est pas très alarmiste, nomme une menace existentielle directe. Mais, sans vouloir vous offenser, loin de là, je crois que ceux qui se pensent les plus sérieux ou les plus rationnels sont en réalité parfois ceux-là mêmes qui ratent les évidences les plus vitales et les plus incontestables concernant la question que nous allons évoquer. Parce que entièrement lissés par leur adéquation avec le monde qui les honore et les flatte, parfois les sert, ils oublient ces violences et ces incohérences qui ne les touchent pas dans leur chair, qui est très largement surprotégée.

Donc pour être honnête, je crois que le risque que vous ayez, globalement, un rôle assez drastiquement nuisible dans cette affaire de survie est en réalité très élevé. Vous êtes amenés, si tant est que le monde tel que nous le connaissons tienne encore debout quelques temps, quand la question se posera, à exercer d’importantes responsabilités. Et je me demande s’il faut s’en réjouir, parce que globalement vous êtes doués, vous avez réussi un concours difficile, il n’y aucun doute sur cette question, ça donne confiance en votre pouvoir d’analyse, et je m’en réjouis, mais je crois que vous êtes aussi, pour l’essentiel, les produits un peu archétypaux, reconnaissons-le, d’un système qui est façonné pour la reproduction à l’identique. Et qui est aujourd’hui devenu la pire menace pour la vie sur Terre. Alors on sait bien que les concours des grandes écoles, aussi difficiles soient-ils, recrutent avant tout sur la capacité à résoudre des problèmes similaires les uns aux autres, suivant une pensée essentiellement algorithmique, et jamais ou presque jamais sur la capacité à imaginer un ailleurs radical au microcosme de l’énoncé. Et même si les exceptions sont légions, je me permets, sans offense une fois de plus, de vous rappeler que vous êtes en grande majorité socialement issus de milieux qui jouissent très précisément des privilèges ahurissants qui participent au désastre qui nous menace. Et le pire, souvent d’ailleurs avec une sorte de naïveté sincère et presque ingénue, vous n’en êtes pas conscients, et vous pensez que votre mérite et lui seul, que je ne nie pas, une fois de plus, est la seule cause de votre réussite apparente qui est pourtant si immensément dévolue aux circonstances économiques, co-culturelles incroyablement favorables, qui ont rendu possible l’expression de vos talents. Et qui vous rendent d’ailleurs, c’est très important de l’avoir en tête, débiteurs vis-à-vis de la population. Vous êtes pourrait-on dire endettés vis-à-vis du peuple, compte tenu bien sûr du coût exorbitant de votre formation, quand tant d’autres universités subsistent aujourd’hui dans l’indigence. Et pour finir, je crois que vous êtes modelé, c’est normal, c’est votre choix intellectuel, je ne vous le reproche pas, par cette culture d’ingénieurs qui vous laisse souvent penser que tout problème peut être résolu par une contorsion technologique ou une invention technique, alors que rien ne pourrait être plus faux face à la catastrophe dans laquelle nous nous trouvons, et je vais tenter de vous le démontrer.

Je suis donc très heureux pour toutes ces raisons de pouvoir vous parler ce soir, parce que j’ai de l’espoir en vous, mais j’ai aussi comme je viens de l’expliquer un certains nombre de craintes qu’il me semble sain et amical de mettre sur la table. Je crois pour être un peu caricatural qu’un chanteur de rue par exemple comprend mieux le problème qui est aujourd’hui le nôtre qu’un ingénieur inconsciemment agrippé à ses privilèges et convaincu de sa légitimité. Je crois que votre communauté, j’entends celle des élèves des grandes écoles, sans que vous vous rendiez généralement compte, a souvent tendance à faire sécession. Et je ne connais aucun communautarisme qui soit plus puissant et plus dangereux, plus littéralement séparatiste, que celui des prétendues élites. Alors bien sûr, heureusement, vous n’êtes pas un corps homogène, vous êtes hétérogènes, vous êtes peut-être ce que Antonin Artaud le poète nommerait un corps sans organe, et la liberté, la créativité, la subversion existent naturellement chez vous. Mais pour le dire d’une façon franche, amicale et un peu brutale, je pense que l’effort que vous avez à consentir pour comprendre la situation, et plus encore les moyens d’y remédier, est en fait considérable. Parce qu’il faut essentiellement déconstruire en profondeur, non seulement tout ce que vous avez appris, mais aussi toute l’architecture du système de valeurs qui rend votre existence, en tant que Polytechniciens, possible. Bien sûr exception faite de vos connaissances scientifiques qui j’en conviens demeurent bienvenues et utiles. Mais j’insiste, le problème est tout autre. Il n’est pas essentiellement scientifique, il est structurel et systémique, et donc sa résolution est en quelque sorte contraire à vos intérêts directs. (…)

Alors ceci étant dit en guise d’introduction, je crois qu’il est pertinent de commencer par un petit descriptif de l’état du monde. On le sait, mais peut-être pas si bien que ça, donc posons les jalons de ce qui est à l’œuvre de manière à réfléchir ensuite conjointement aux solutions possibles. Il y a quelques mois, un rapport de l’ONU mentionnait, je cite, que « les hommes mènent contre la nature une guerre qui est insensée et suicidaire ». Les conséquences sont déjà visibles au niveau des souffrances humaines, des effondrements économiques et de l’accélération de la vie sur Terre. Cette triple urgence menace, attention au mot, notre viabilité en tant qu’espèce. Il est clair, conclut le rapport, que nous avons cassé cette planète. Ce sont quand même des mots assez lourds, on ne parle pas de quelque chose d’anecdotique.

  • [Il cite de nombreux chiffres et de nombreux phénomènes. C’est intéressant mais cela ne concerne pas le fond de sa communication.]

[16’45] Une fois ce tour d’horizon mis sur la table, à la fois sur le présent et le futur probable, je crois qu’il est temps de réfléchir sur les causes. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Je crois que la cause principale, c’est notre incompréhension qui elle-même se fonde sur notre déni de réalité et notre non-désir de compréhension. Nous sommes, et permettez-moi une fois de plus de le dire avec amitié, mais je suis là pour vous secouer un peu, vous en particulier êtes pétris de certitudes qui sont tout à fait inopportunes face à un problème aussi profondément systémique. Et je vais vous donner un exemple de croyance naïve qui se retrouve beaucoup chez les élites, chez les ingénieurs, chez les économistes. Par exemple, croire que le problème est purement ou essentiellement climatique, on lutte contre le dérèglement du climat : c’est faux. Le climat n’est qu’un problème parmi d’autres. Les problèmes principaux aujourd’hui qui sont à l’origine des morts qui constituent déjà une catastrophe, c’est la destruction des espaces naturels, c’est le fait que les vivants non-humains n’ont plus de lieux pour vivre. Ça n’a rien à voir avec le réchauffement climatique. L’autre problème fondamental c’est la pollution, qui n’a rien à voir avec le réchauffement climatique. Le vrai problème, si vous voulez, c’est que l’on prend la vie pour un moyen et non pour une fin. Nous n’avons pas affaire à un problème d’ingénierie. Pour le dire de façon extrêmement clair, si nous n’émettions pas un gramme de CO2, nous serions quand même dans la sixième extinction massive. Donc si on prend le problème par le petit bout de la lorgnette, il faut diminuer les émissions de CO2 et continuer le reste comme à l’habitude, nous n’avons strictement rien résolu.

  • [Il réfute ensuite plusieurs croyances fausses et sans intérêt puisque nous savons depuis longtemps qu’elles le sont, par exemple la réversibilité de la situation.]

[36’33] Dernier point que je dénonce dans les croyances : la simplicité de vue qui consisterait à croire qu’il y a un adversaire unique. Chez mes amis écolos, l’adversaire unique souvent identifié c’est le capitalisme. Je pense que c’est trop simple là encore. Il y a sans aucun doute un problème avec le capitalisme, parce que c’est un système qui est intrinsèquement illimité, donc intenable, mais ce n’est pas le seul problème. Il y a des sociétés non capitalistes qui ont montré qu’elles étaient extraordinairement injustes socialement, extraordinairement délétères écologiquement. Donc je crois, non pas que le capitalisme ne pose aucun problème, je crois qu’il pose un problème, mais c’est pire que ça en fait : c’est que le capitalisme n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’un problème qui est encore plus profond que ça et qui est fondamentalement éthico-axiologique.

  • [37’25 Il aborde ensuite les solutions, et commence par le problème de l’alimentation carnée.]

[40’58 à propos de l’économie] Ce que je veux simplement dire, c’est qu’il faut aujourd’hui comprendre la facticité de nos notions. L’économie est conventionnelle, ça n’existe pas l’économie, ce sont des conventions, des mots, des règles du jeu. Et la dette ça n’existe pas, si vous me devez de l’argent et que je vous dis « vous ne devez plus rien », c’est un acte de langage dirait-on en philosophie, un speech act, la prescription est performative dirait les philosophes, par les mots j’annule la dette. C’est très très très facile de changer l’économie, alors que les véritables réalités biologiques, médicales, géologiques, sociales, qui sont en train de nous rappeler à cette espèce de fin du monde que nous vivons, ça on ne pourra pas les changer par un acte de langage. Donc aujourd’hui, les directeurs de banque, j’en connais beaucoup, qui vous disent « mais vous comprenez monsieur Barrau, il y a des réalités économiques », ce sont des bouffons. Il n’y a que des conventions qui sont totalement négligeables dans leurs difficultés d’infléchissement si on les compare aux véritables réalités auxquelles on va être confrontés dans 20 ans quand on se dira nous avons été littéralement fous. Je donne juste un exemple que je prends à Jancovici une fois de plus de l’aberration économique, c’est qu’on ne donne pas de valeur au capital de départ. (…) L’environnement lui-même a, par convention, une valeur économique nulle. Vous ne payez jamais l’environnement. Vous ne payez que sa transformation, vous ne valorisez que sa transformation. Ceci, outre le fait que c’est éthiquement débile, c’est logiquement stupide, sauf dans un monde de taille infinie. Or nous ne sommes pas dans un monde de taille infini, donc les économistes n’ont rien compris au problème, il ne faut plus les écouter.

  • [Il questionne ensuite l’éthique qui consiste à rouler en 4×4 en centre-ville : un « acte de criminalité »]

[45’55] La science ne peut pas fixer de direction(s). Ceux qui aujourd’hui vous disent « je préfère mon 4×4 mon voyage à l’autre bout du monde pendant les vacances et tout commander sur Amazon parce que mon confort est dominant » ce ne sont pas gens qui font une faute scientifique, ce sont des gens qui ont un système éthique qui est dramatique. La science ne nous dit jamais où il faut aller, elle nous permet de mieux comprendre les conséquences de certains de nos gestes, c’est pas du tout la même chose. Je crois aussi qu’il y a une dimension poétique qui est très importante. Parce que la poésie (…) c’est la précision, c’est la compréhension du problème et la capacité de tout déconstruire, de tout remettre en cause, de travailler sur la grammaire, sur la syntaxe, de travailler sur l’architecture même du langage. [exemple avec le mot croissance]

[47’10] Comme je l’ai expliqué, la question fondamentale est celle des valeurs. Je crois qu’il faudrait renoncer à cette obsession taxinomique qui est la nôtre, renoncer à classer, ordonner, etc., mais s’il faut le faire alors faisons-le sur de bons critères. Ne considérons pas que les critères hiérarchiques usuels sont bons de soi.

  • [Discussion intéressante sur « la liberté » et « la violence »]

[51’55] Ma recommandation, si tant est que j’ai une quelconque légitimité pour le faire, ce qui ne va pas de soi en ce qui vous concerne, en tant que jeunes ingénieurs et futurs cadres, c’est surtout ne pas croire que nous avons affaire à un problème parmi d’autres qui peut être résolu par des astuces technologiques. (…) Je crois qu’il serait bon que vous osiez tout remettre en cause. Y compris par exemple la légitimité de l’École Polytechnique. Je crois que ce serait sain. Évidemment, ce n’est pas fermer l’X qui va sauver le climat ni sauver la Terre, on est bien d’accord avec ça, mais je crois que c’est important de penser contre soi. (…) La pensée est toujours contre soi sinon elle n’a aucun intérêt. (…) Plus profondément, c’est toute l’architecture de notre société qui doit être remise à plat. Nous considérons aujourd’hui, souvent de façon inconsciente, nos constructions comme étant inévitables, comme étant presque transcendantes, voire transcendantales d’ailleurs au sens kantien, alors qu’en réalité elles sont un épiphénomène contingent à l’échelle de l’humanité qui est elle-même contingente à l’échelle de la Terre qui est elle-même un épiphénomène contingent à l’échelle du cosmos. C’est un peu comique, mais c’est aussi tragique, parce que les conséquences de cette folie sont quant à elles singulières à toutes les échelles de temps. On ne peut pas faire comme si les choses ne pouvaient pas être autrement. J’en ai assez du « ben oui ça marche pas mais c’est comme ça ». Non, c’est comme ça parce qu’on le veut bien, parce qu’on le décide, c’est très facile à changer par rapport à ce à quoi nous ferons face. Et donc en conclusion, je crois que la question n’est pas de trouver comment émettre moins de CO2, quand on poste nos photos de vacances sur Facebook. La question, c’est de repenser entièrement notre système de valeurs pour ne plus avoir envie de poster sur Facebook, et de considérer que choisir le monde, le vrai monde, plutôt que son ersatz instagrammisé, est une perte de confort ou une régression, relève en fait d’une aliénation profonde. Le fait est que nos prétendues élites raisonnent souvent de façon très inquiétantes, et je crois qu’aujourd’hui il est temps d’être sérieux, c’est-à-dire de moquer cette idéologie mortifère, et de regarder un peu la vie.

[Fin de l’exposé]

Paris, le 12 juillet 2021


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3 commentaires sur “Conférence d’Aurélien Barrau à l’École Polytechnique

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  1. Le discours commence étonnement fortement, presque agressivement, un poil hargneux et condescendant, pourquoi pas.
    Il se poursuit d’une excellente manière, grande éloquence comme d’habitude, précise quant à la traque du problème et certainement moment marquant pour des polytechniciens écoutant cela, superbe, mais cela se finit vraiment passablement, voire mal quant à l’ignorance d’une psychologie de monsieur et madame tout le monde, n’ayant pas la croyance de pouvoir faire quelque chose et pour autnat qui ne souhaite pas faire le mal, mais ne souhaite pas se faire de mal pour un problème qu’il ignore grandement. Il est vrai que politiquement nos sociétés aiment dépolitiser les débats et s’habituer à l’abstention, ça arrange tout le monde. Mais de là à considérer un bloc de milliards d’humains comme pouvant se concerter en un temps raisonnable et agir dans un sens commun en s’étant adapté aux différences de consommation de chacun, euh, certes…

    Bref que les polytechniciens se lancent dans la bagarre avec en tête, ne pas se battre pour trouver une solution aux problèmes que nous avons créés mais se battre pour nous aider à nous adapter à ces problèmes sans les amplifier. trouver un monde, un mode plus bas, le moins bas possible, mais réel.
    Comme tout le monde, j’aime, je crois et j’admire l’intelligence de ces jeunes gens.
    Mais l’intelligence d’une société est de l’ordre du plus petit dénominateur commun et une civilisation est peut être logiquement pire.
    J’ai bien peur que ce ne soit un axiome.
    Je retourne donc à ma bêche, mon arrosoir, mes cycles d’eau, de saison, à mon canton et à la difficulté de fédérer trois pelés et deux tondus pour vivre ensemble sur un territoire a échelle humaine concrète.

    PS : pas d’accord avec sa vision de la poésie comme acte de précision. La poésie encercle l’indicible par des mots, délimitant un espace plus ou moins vaste où se trouve la bête que l’on circonscrit au fil des années. C’est l’art de la traque de ce qui va advenir dans notre pensée. Un outil magnifique et outil. La poésie utile (non, pas oxymore désolé)

    Aimé par 1 personne

    1. Tout à fait d’accord avec vous. Je tique seulement sur un point : les polytechniciens ne nous aideront même pas à nous « adapter à ces problèmes sans les amplifier ». Hormis quelques uns qui, conférence ou pas, ne se sentent pas une vocation à « jouer les polytechniciens » toute leur vie, une écrasante majorité vivra comme vivent les polytechniciens : en cadres de la Nation qui entretiennent le système.

      Note : parmi les exceptions, il y a une célébrité, le chanteur Antoine, diplômé de Centrale.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_(chanteur) Il y a toujours des exceptions, qui confirment la règle…

      J'aime

      1. « une écrasante majorité vivra comme vivent les polytechniciens : en cadres de la Nation qui entretiennent le système.  »
        Je suis bien sûr d’accord, mais c’est un fait qui ne touche pas que les polytechniciens !!

        Si l’on se trouve hiérarchiquement supérieur à l’un de ces messieurs dames de grandes écoles il est alors fascinant de travailler avec des gens ayant une machine intellectuelle assez bluffante en rapidité, synthèse, souvent profonde culture permettant des axes de pensées contradictoires (bof, pas sûr), etc.

        Ceux que j’ai cotoyés, étaient de bien piètres managers, rarement didactiques, ayant du mal à communiquer avec des gens moins rapides et pourtant intelligents. Qu’est ce qu’une idée dans laquelle on ne sait pas entrainer les gens ?

        L’intelligence étant certes un bien mauvais concept, plein de chausse- trappes.

        En clair, ils sont superbes mais avec les mêmes défauts, notamment d’orgueil, qui nous font tous chuter collectivement.
        Il n’y a pas de solution et a fortiori elle ne viendra donc pas d’eux

        Aimé par 1 personne

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